par Elie Mangoubi
La création de l' Etat d'Israël a eu pour conséquence de mettre fin à la présence millénaire des juifs rabbanites et caraïtes non seulement en Egypte mais dans tous les pays arabes.
La présence des juifs qui avait étc tolérée jusqu'à là, devenait inacceptable pour les dirigeants des pays arabes qui voyaient dans la création d'un Etat Juif un danger permanent à leur façon de gouverner, de gérer leurs affaires et de traiter les non musulmans( dhimmis ou sujets de deuxième classe). Ils ne pouvaient plus traiter les juifs comme des dhimmis qui rechercheraient la protection d'Israël, conséquemment, la soumission passée des juifs ne pouvait plus durer. La décision fut prise par les dirigeants des pays arabes de leur rendre la vie plus difficile, de les punir pour la création de cet état qui changeait toutes les règles du jeu.
La nationalisation du Canal de Suez décidée en 1956 par le président Nasser fut le catalyseur qui accéléra ce processus commencé en 1929 par des lois qui rendaient l'acquisition de la nationalité égyptienne difficile aux juifs.
Les événements qui ont suivi sont connus. Le départ des juifs qui avait commencé après la fin de la deuxième guerre mondiale s'accéléra d'une manière plus dramatique avec l'échec politique de l'intervention militaire franco-britannique et iraëlienne en 1956. La guerre des six jours ( juin 1967), l'humiliation de l'Egypte devant l'ampleur et la rapidité de la défaite amena la République du Colonel à interner un grand nombre de juifs egyptiens à Abou Zaabal. La cassure était définitive.
La présence des juifs en Egypte ne devint qu'un souvenir qui se maintenait par la vision des Synagogues du Caire et d'Alexandrie et des cimetières juifs. Une communauté florissante de 85.000 personnes se retrouva dispersée un peu partout dans le monde. Un deuxième exode pénible commencait pour les Juifs du Nil qui avec un courage remarquable firent face aux difficultés inhérentes de ce départ sans retour.
Cette communaute juive dispersée s'adapta avec résilience aux vicissitudes de la vie loin de l'Egypte grâce a son pluralisme culturel, du coup son succés devint trés vite une source d'envie et d'hostilité. Les dhimmis étaient supposés languir et souffrir comme les palestiniens. Les dirigeants des pays arabes furent décus, car là où ils voulaient punir cette communaute par l'exode, les juifs avec courage et détermination allèrent de l'avant en faisant face avec dignité à leur situation d'exilés sans droit de retour. Les juifs égyptiens ont maintenu une dignité exemplaire dans le malheur, malheureusement devant la montée de l'antisémitisme, de l'hostilité et de la violence contre l'Etat d'Israel et les juifs dans de nombreux pays, il etait tout à fait normal de parler et de rompre un silence maintenu presqu'un demi siècle. Il n'y avait aucune raison aux juifs de ne pas raconter ce qui est arrivé en espérant naïvement que le silence allait modifier la mentalité ou les croyances de ceux qui ne vivaient que pour détruire Israêl et parlaient des juifs avec mépris en les comparant à des singes et des cochons.
Il est vrai que les efforts diplomatiques aboutirent aux accords de Oslo, mais cette lueur d'espoir s'est vite envolée, Sadat puis Rabin assassinés, un cycle de violence allait recommencer et qui dure encore. La politique d'apaisement, les concessions n'auront servi qu'à promouvoir le chantage, la manipulation, la colère, la haine, la violence se justifient au nom de Allah.
Il faut souligner que les palestiniens ne sont pas les seuls victimes de ce conflit, les juifs des pays arabes sont aussi des réfugiés, la politique de
nettoyage ethnique implantée partout dans les pays arabes le démontre. Il faut
reconnaitre que les juifs au lieu de subir passivement leur sort l'ont transcendé
en refusant d'être passif dans le malheur. Ils ont accepté la nouvelle réalité,
celle du départ definitif et sans retour; tandis que les les palestiniens optaient
pour la violence, le chaos et refusaient d'accepter la réalite de la permanence
de l' Etat d'Israël, lui niant le droit d'exister. Il est bien connu que les
victimes se sentent faibles et incapables de surmonter leurs faiblesses et que
seul Dieu peut résoudre leurs problèmes et les sauver du malheur.
Frustrés par l'inaction de Dieu, ils parlent et agissent continuellement en son nom, se sacrifient, deviennent des martyrs pour l' émouvoir et obtenir son soutien,
au lieu de travailler à construire, ils rêvent de détruire, au lieu d'aimer ils expriment la haine dans leurs pensées et actions. Le succès d'Israël les
trouble, envieux, ils veulent le détruire pour se soulager de leurs douleurs, c'est la seule solution qui leur est acceptable, quelle Utopie!
L' histoire nous apprend que les vainqueurs dictent leurs conditions, c'est la dure réalité. Entretemps la vie continue, il faut progrésser, reconstruire sur de nouvelles bases une paix dans le respect mutuel des croyances des autres, accepter la diversté, la libre pensée, le pluralisme culturel qui font l'unité des nations, il faut rejeter la dictature meurtière des religions et rejeter les idées unitaire baties sur la haine et qui empêchent l'expression d'idées nouvelles et créatrices. Le pluralisme culturel, l'exercice de la libre pensée sont nécessaires pour permettre à l'empathie, la comprehension et la reconciliation dans la sérénité de régner.
La paix ne peut se faire que dans le respect mutuel des valeurs et croyances de tous sans jugement à priori.
Elie K Mangoubi