November 30, 2010

Pourquoi la diaspora boude la Terre promise

Natan Sharansky, patron de l'Agence juive pour Israël, en 2007.

Une des conséquences les moins visibles des remous de l’économie mondiale se cache dans les statistiques annuelles de l’émigration vers l’État hébreu : ces deux dernières années, le nombre de Juifs ayant réclamé la citoyenneté israélienne a augmenté. « Malgré l’instabilité économique sur le plan international, Israël s’en sort incroyablement bien », se réjouit Natan Sharansky, l’ancien dissident soviétique qui a pris l’an dernier la tête de l’Agence juive pour Israël. Installée à Jérusalem, l’institution, qui promeut l’immigration et accueille les nouveaux venus, reconnaît cependant que l’ère des arrivées massives est terminée. Sharansky estime que, cette année, seulement 18 000 Juifs auront accompli leur aliyah, qui signifie à la fois « ascension » et « installation en Israël ». On est loin des centaines de milliers de migrants arrivant de l’ex-Union soviétique au début des années 1990. « L’époque de l’immigration massive est derrière nous. Il ne s’agit plus de sauver des Juifs des pogroms, de l’Holocauste, ni d’aucune persécution, explique Sharansky. Aujourd’hui, 94 % des Juifs vivent dans le monde libre et ont le choix de venir ou non en Israël. »

Contrairement à ce qu’espéraient les pères fondateurs du sionisme, l’écrasante majorité des Juifs d’Amérique et d’Europe a choisi de ne pas partir. Un choix qui déçoit beaucoup en Israël, dont le fondement idéologique est l’idée que tous les Juifs doivent vivre dans leur propre État. Le recul de l’immigration juive alimente aussi des inquiétudes quant à l’équilibre démographique. Pour l’instant, entre le Jourdain et la Méditerranée, les Juifs sont plus nombreux que les Arabes. Mais cela devrait changer avec la croissance démographique plus rapide des Palestiniens.  suite>>

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